Le Protégé de Robespierre

« Quand la nuit essaie de revenir, il faut allumer les grandes dates comme on allume des flambeaux. » Victor Hugo

Il est des hommes déterminants qui traversent l’Histoire à grands pas en ne laissant paradoxalement aucun souvenir derrière eux. Qui connaît Félix Lepeletier de Saint-Fargeau ?

Félix sort pourtant de l’ombre avec éclat et non sans douleur à la suite de la mort soudaine et fracassante de son frère aîné le 20 janvier 1793, Michel Lepeletier, seigneur de Saint Fargeau. À 33 ans, ce député conventionnel expire quelques heures avant Louis XVI, sous le poignard du royaliste Pâris, pour avoir voté la mort du roi. Au cœur des temps les plus agités de l’histoire de France, ce crime fit beaucoup de bruit. Michel Lepeletier eut droit à la panthéonisation. Il fut « le premier martyr de la Révolution» avant Marat et Chalier en rabattant le roi et sa décapitation au second plan, ultime leçon d’humilité.

Du jour au lendemain donc, Félix devint la mémoire de son frère, son ayant-droit, son embaumeur et son porte-parole. Soudain proche de Robespierre qui le fit entrer au Club des Jacobins sans les formalités exigées. Et une vocation nouvelle s’empara du jeune homme qui avait à peine plus de vingt ans : devenir un révolutionnaire engagé. De cet événement, se tisse notre toile.

Son ancienne maîtresse, la fatale Teresa Cabarrus, dont la liste des amants impressionne, vit à Bordeaux avec un mari dont elle souhaite divorcer. Elle tente un rapprochement d’intérêt en interpelant Félix sur ses alliances et ses devoirs.

Félix est un aristocrate, ex-officier du roi et ses nouvelles ambitions excitent les méfiances de Robespierre, l’Incorruptible. Ce personnage toujours controversé aujourd’hui va appliquer toute son honnêteté, sa rigueur et son opiniâtreté à démasquer son protégé. Il tue ce qu’il défend. À la fois partisan de l’abolition de la peine de mort et coupeur de tête, il s’isole et s’empare d’un pouvoir qui le dépasse. Le cercle des amis-ennemis se resserre et la corruption semble envahir le pays.

La pièce

Jean-Clément Martin, historien spécialiste de la Révolution Française, auteur de récents ouvrages , affirme qu’il n’y a pas de « vérités historiques ». Les archives, les preuves elles-mêmes ont été parfois constituées après coup ou inventées de toute pièce.

Le théâtre ne cherche pas la vérité, il s’habille de vraisemblance. Vraisemblance des hommes et des femmes tels qu’ils ont été et sont encore, faits de chair, de sang, de peur, d’erreurs…

Les repères historiques demeurent référents, ils mènent le récit et sculptent les caractères.

Le Protégé de Robespierre questionne la notion d’engagement. Quelle part d’authenticité recèle chacun de nous dans ses choix et ses prises de risques ?

Dans la tempête des années les plus mouvementées de l’histoire de notre pays, dans la confusion toujours présente de cette période complexe et intense, dans le danger de mort que les événements imposent, trois personnages, vivants, touchants, hideux et sublimes, mettent à l’épreuve leurs convictions.

L’étonnante modernité de leurs combats respectifs nous interpelle sur fond de guerres révolutionnaires et de passions amoureuses.

Durée 1h

Avec

Partenaires

Spectacle commandé et soutenu par le Conseil Général de l’Yonne, Le Théâtre, scène conventionnée d’Auxerre  et L’Yonne en scène