NOTE DE L’AUTRICE

Depuis une quinzaine d’années, je tente de conjuguer théâtre et prison. Mettre en place une aventure théâtrale sur plusieurs mois à raison d’une séance hebdomadaire, avec des personnes condamnées à de longues peines et obtenir leurs autorisations de sorties exceptionnelles pour présenter ce travail dans un théâtre.

Au début, seuls les hommes du centre de détention participaient à ces projets. Au bout de la sixième année, la mixité a été accordée, les femmes nous ont rejoints.

L’aventure a pris alors une autre dimension, la mixité a fait éclater les cadres. Il ne s’agit plus seulement de briser les spirales d’échec, de réveiller les esprits, de dépasser les mésestimes ou le désespoir, mais de vivre et d’aimer. De séance en séance, entre les murs de la prison, ces femmes et ces hommes tentent de réinventer la vie. L’année 2020 a présenté une telle complexité kafkaïenne d’enfermement dans l’enfermement, que la nécessité de retracer cette aventure s’est imposée pour moi.

Cette création se présente en diptyque de « Numéros d’écrou » qui met en scène 15 comédiens amateurs de la compagnie auxerroise « Les Prétendants ».

J’ai choisi pour m’accompagner trois acteurs et un ingénieur son au parcours théâtral dense : Odja LLorca, Nadine Darmon, Fabrice Gaillard et Jean-Marc Istria. Je revendique la solidité de leurs expériences, l’excellence de leur formation (écoles nationales supérieures : CNSAD, Théâtre National de Strasbourg et Comédie de Saint-Etienne) leurs exigences et leurs virtuosités singulières.
Raconter ce théâtre en prison par le théâtre et rêver de transformation.